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« Ebola dans les rues de Bukavu » : DE L’ETAT EPILEPTIQUE NAIT UN DEAL D’INSECURITE ROUTIERE
Par Eric BATUMIKE BANYANGA
En RDC, la Police Nationale n’est pas très active la nuit comme le jour, sauf à certains coins où elle forme des ilots de protection. Quant à d’autres services Etatiques à 15 h30’, les bureaux sont fermés. Là on sent que l’Etat meurt la nuit pour se réveiller le jour suivant vers 8h du matin. Suite à ce vide étatique, parfois diurne et très souvent nocturne, les civils deviennent des acteurs majeurs de la sécurité, sourtout dans la gestion du trafic routier à Bukavu.


Depuis un bon moment, la voirie urbaine de Bukavu, est en délabrement et trouve un encombrement très avancé. La dimension de la chaussée n’a pas changé, pendant que le taux démographique et d’importation automobile a trouvé une ascension importante. Sur la même chaussée naissent les marchés sporadiques. Ces marchés sont combattus la journée par la police d’Assainissement, aujourd’hui, surnommée par ces vendeurs d’ « Ebola ».
Les cas d’embouteillages sont récurrents à Nyawera, à la Place dit Feu- Rouge, à la Place de l’Indépendance, au marché de Kadutu, à l’Essence, etc.
A l’Essence, des blocus se font observés et attirent la curiosité de tout observateur. Ici, les embouteillages sont un véritable business! Certains taximen font tout pour se barrer la route en vue d’embarquer un nombre important des passagers en partance pour Panzi. Face à cet état, il existe des jeunes, qui jadis des « parkingés », (chargés d’accueillir des passagers) qui ont compris que cela était une bonne affaire qui pouvait payer mieux que leur ancienne activité. Face à ce désordre routier, ces jeunes s’arrangent d’ouvrir la chaussée aux véhicules qu’ils qualifient des “véhicules des patrons”. Service rendu, ces jeunes demandent à ces “patrons” de l’argent en contrepartie.
Nos investigations révèlent que certains chauffeurs collaborent avec les voleurs à fin de leur faciliter la tâche pour bien commettre les crimes sur les passagers et/ou les piétons. Un vrai deal Chauffeur- voleurs.
Un autre cas illustratif de l’embouteillage comme une problématique sécuritaire et aussi une affaire de survie à Bukavu, c’est celui des volontaires qu’on observe dans le marché de Kadutu. Ces jeunes se regroupent en association semi-structurée pour règlementer la circulation sur le tronçon Industrielle-Tubimbi. Ces acteurs non étatiques taxent les chauffeurs et vendeurs qui créent les désordres sur la chaussée dans le marché central de Kadutu. Les motocyclistes qui n’observent pas la mesure sur le sens unique recommandé au Marché de KADUTU sont les plus frappés. Ces sont ces amandes qui leurs permettent aussi de vivre. De l’autres coté, ce sont les jeunes voleurs qui attendent chiper les téléphones et/ ou ravir tout biens aux passants. Il s’observe néanmoins, que les gens sont à l’attente d’achat des biens volés. Cela multiplie aussi les blocus routier.
Lorsqu’il y a impasse dans la circulation, certaines femmes vendeuses sur la chaussée, trouvent l’occasion de vendre en abondance ; parce que ces embouteillages permettent aux passants de s’arrêter afin de s’approvisionner. Par contre, certaines femmes rencontrées chez Kibonge à Kadutu, vendent les produits de première nécessité chaque fois qu’il n’y a pas d’embarras de circulation sur la chaussée. Voilà comment l’insécurité routière est une opportunité économique pour les uns et un manque à gagner pour les autres à Bukavu.
A Nyawera comme à la Place de l’Indépendance, les blocus routiers sont liés à la ruée des vendeurs sur la chaussée, une situation qui pousse les enfants de la rue à règlementer la circulation tout en dérobant les biens des passants.
A la Place Feu- Rouge, qui d’ailleurs tire son nom du feu de signalisation, les embouteillages sont énormes. Cela a pour cause, la forte circulation multidirectionnelle qui s’observe à ce lieu. Il en est aussi de l’ignorance du code de la route par plusieurs conducteurs qui ne connaissent pas lire les signes que présentent le soit disant robot qui réglemente la circulation à ce lieu. Cette ignorance des conducteurs serait aussi entretenue par le service attaché au Ministère Provincial de Transport qui livre des permis de conduire aux « conducteurs » sans moindre test préalable.
Pour ce faire, la réduction de l’insécurité routière, veut que l’autorité urbaine en collaboration avec la police de circulation routière s’impliquent pour la relance en urgence de l’opération de traçage et de marquage au sol des routes en bon état pour distinguer les limites des bandes, des trottoirs, etc., , que l’autorité urbaine s’investisse dans la construction des routes et disponibiliser nuit et jour une Police Mobile de Circulation Routière, créer des parkings( pour indiquer les arrêts des bus et les officialiser par l’implantation des panneaux et des signaux lumineux) et recycler les conducteurs sur le respect du code de la route. Les autorités devront élargir la chaussée urbaine et lutter contre les marchés sporadiques en créant des petits marchés dans les quartiers et avenues de la ville.

Eric BATUMIKE BANYANGA, chercheur au Groupe d'Etudes sur les Conflits et la Sécurité Humaine

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