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« Acha nijiendeya angu na migulu » : Prendre un taxi à Bukavu ou faire le pied ?

Par Irène Bahati & Elisée Cirhuza[1]

Actuellement, dans la ville de  Bukavu, la plupart des tronçons  routiers sont  en état de délabrement très avancés. Ils  ne permettent  plus  la libre circulation de tous les usagers routiers. Pourtant, les infrastructures routières constituent l’un des secteurs porteurs de la croissance économique et une épine dorsale dans le processus de développement économique locale.

« Nous ne savons pas qui a maudit ce pays, un pays riche mais dans lequel rien ne vas ! Où vas tout l’argent que cette  ville génère pour que ces routes restent impraticables. ? » (Un habitant de la ville de Bukavu).

En effet, l’impraticabilité des tronçons routiers  dans la ville de Bukavu suscitent  beaucoup de questionnement de la part de plus d’un observateur. La population Bukavienne et celle de ses environs ont les regards tournés vers les autorités étatiques. Ces dernières  ne cessent de se questionner pourquoi les routes sont dans cet état de délabrement. Alors que la province mobilise beaucoup de recettes dans le recouvrement fiscal.

Effectivement, l’impraticabilité de routes engendre beaucoup d’inconvénients dont le retard dans la circulation, des accidents,  les embouteillages de toute sorte occasionnant des vols, ….  Les tronçons le plus délabrés  sont  Nyawera jusqu’à la -Frontière RUZIZI I ; le tronçon RUZIZI II  jusqu’au rond poind Major vangu « l’essence » ; le tronçon  Brasserie jusqu’à Bagira ,  le tronçon place Mulamba jusqu’à Muhumba dans la commune d’Ibanda et le tronçon Funu jusqu’à la place appelée GENDERMERIE en commune de Kadutu. Dans ces tronçons, il s’observe des nids de poules  de toute sorte.

Au délà des tronçons routiers urbains, il y a aussi le cas de tronçon routier brasserie jusqu’au 13 km sur la  route nationale N° 2. A la place appelée Murhundu, un petit lac envahi par moment des coulées boueuses rend pénible la circulation. En temps de pluies ou après  la pluie, seuls les véhicules élevés et jeep performent peuvent passer, les voitures taxi et bus ne peuvent pas passer. Cela pousse les passagers pressés à  descendre du bus pour être transporter au dos par certains porteurs occasionnels afin d’aller prendre un autre taxi (bus, voiture ou moto) de l’autre  rive. Les passagers payent entre 500fc à 1000fc pour être transportés au dos ou alors payer la location des bottes (Godillots) en plastique qu’ils peuvent porter pour patauger dans ce lac. .

Les conducteurs exploitant ces axes affirment qu’ils connaissent beaucoup d’accidents liés à l’état de la route alors qu’ils sont obligés d’échapper aux nids de poules qui y sont visibles : «Nous avons des problèmes à cette situation. Les accidents permanents que nous enregistrons sur ce tronçon sont liés à l’état de la route. Nous tentons de faire des manœuvres pour échapper aux trous mais en vain. Nos véhicules entrent en collision. Ce sont  des accidents. En plus, ce sont des pneus et amortisseurs qui se cassent (…) c’est pénible », regrette un taximan.      

Les lamentations de la part des usagers sont énormes. L’on ne peut prendre un transport en commun et prétendre arriver à temps ou en bon état physique au-delà de la  vitesse sous laquelle roule le véhicule. « Vu qu’il y a trop de cahots, les véhicules ne roulent pas comme il faut. Le chauffeur est appelé à rouler lentement mais ça n’empêche qu’on n’ait mal au dos à cause des secousses. Quelle que soit l’urgence, on n’arrive pas à temps, pour faire nyaxera-Frontière Ruzizi 1er on fait au minimum 1 heure dans un bus pour un tronçon de 5 km» De plus, ces nids de poules  deviennent des lacs artificiels pendant la saison pluvieuse. La population a opté pour en changer  des noms suivants différents  gouverneurs qui ont déjà dirigé la province du Sud Kivu. Ces lacs artificiels sont actuellement des slogans : « lac Chishambo », « lac Nyamugambo » et ainsi de suite suivant le règne d’un gouverneur. Malheureusement, malgré ces différentes appellations, les résultats restent inchangés. Un habitant de Nguba s’est exprimé quant à ce : « amushangale naba  gouverneurs yetu bakosa zamiri ? banajuwa tu iba abajuwe tengeneza mabala . Aumoins mutu anajiendeya ake namigu pari akamate taxi mwaiyi ma balabala za Bukavu, surtout uku Nguba. Ju unafikaka unasikia mugongo aiko yako babisa » ceci pour dire « c’est étonnant avec nos gouverneurs, ils sont sans conscience aucune, ils ne savent que voler au lieu de construire les routes.  Au lieu de prendre un taxi, au moins y aller à pied dans les routes de Bukavu, surtout à Nguba, où on arrive à la maison dos cassé à cause du mauvais état de la route ».

Cela est le choix de la plus part des personnes en état de santé particulier (les personnes ayant des maux de dos, des femmes enceintes, des personnes atteint des hémorroïdes, etc) n’ont pas parfois d’autre choix que de faire le pied pour arriver à destination en douceur.

Les routes constituent des biens d’intérêt commun. Repenser leur réhabilitation  permettra non seulement le développement socio-économique de la province du Sud Kivu en général et de la ville de Bukavu en particulier mais aussi de réduire le taux des accidents de circulation routière. Il faudra par exemple bien canaliser et réinvestir dans les infrastructures de base avec  des recettes fiscales payées par les contribuables particulièrement dans la réhabilitation routière. 

 

[1] Tous chercheurs au Groupe d’Etudes sur les Conflits et la Sécurité Humaine (GEC-SH /CERUKI-ISP-Bukavu)

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